Frères, il faut que les temps soient durs. Pourquoi donc ? Pour qu'on ne cherche pas le bonheur en ce monde. C'est là notre remède : il faut que cette vie soit agitée, pour qu'on s'attache à l'autre vie. Comment ? Écoutez... Dieu voit les hommes s'agiter misérablement sous l'étreinte de leurs désirs et des soucis de ce monde qui donnent la mort à leur âme ; alors le Seigneur vient à eux comme un médecin qui apporte le remède.
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l'Église

Via Crucis au Colisée le 25 mars 2016 - AFL’essence du mystère de la Croix, c’est que derrière la souffrance, aussi insoutenable soit-elle, se cache une promesse de vie et de joie. Ce message est-il audible aujourd’hui ?

Je dirais que la foi chrétienne, contrairement à certaines spiritualités, n’exalte pas la souffrance. Avec toute la tradition biblique, elle sait que Dieu n’a pas créé l’homme pour la souffrance et pour la mort. Il y a une vérité, qui est tout à fait centrale aujourd’hui, alors que tant d’hommes, de par le monde, ont tendance à être fascinés par la souffrance et par la mort. Ce que nous dit la Passion et ce que nous avons à relayer comme chrétiens, c’est que, non seulement, Dieu n’exalte pas la souffrance mais Il veut nous en délivrer, cela, en nous délivrant du mal et du péché. C’est ce qu’Il fait effectivement à travers la mort et la résurrection de Jésus, si nous consentons à tendre l’oreille, à lever les yeux vers la Croix, si nous consentons à accepter le Salut qui nous est désigné. Alors, bien sûr, la nouvelle est exorbitante ! On peut décider de n’en rien faire, on peut décider de ne pas y croire, mais je penserais bien qu’au fond du cœur de beaucoup d’êtres humains, hommes et femmes, il y a quelque chose, même si ce quelque chose ne trouve pas ses mots, qui est de l’ordre de l’attente, de l’attente d’une délivrance. C’est peut-être à ce point secret du cœur de chacun que l’annonce de l’Evangile s’adresse, et c’est ce point secret que le message de la Résurrection doit pouvoir rejoindre.