Il ne faut pas se satisfaire de donner de l'argent ; l'argent n'est pas assez, car on peut en trouver. C'est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c'est de nos cœurs qu'ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l'amour, la contagion de l'amour.
Ceux qui peuvent s'offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l'avoir gagnée par leur travail ; je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. La difficulté, c'est que bien souvent les riches, ou même les gens aisés, ne savent pas vraiment ce que sont les pauvres ; c'est pourquoi nous pouvons leur pardonner, car la connaissance ne peut que conduire à l'amour, et l'amour au service. C'est parce qu'ils ne les connaissent pas qu'ils ne sont pas émus par eux.
J'essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l'argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais je le soigne volontiers pour l'amour de Dieu. 

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), 

Via Crucis au Colisée le 25 mars 2016 - AFL’essence du mystère de la Croix, c’est que derrière la souffrance, aussi insoutenable soit-elle, se cache une promesse de vie et de joie. Ce message est-il audible aujourd’hui ?

Je dirais que la foi chrétienne, contrairement à certaines spiritualités, n’exalte pas la souffrance. Avec toute la tradition biblique, elle sait que Dieu n’a pas créé l’homme pour la souffrance et pour la mort. Il y a une vérité, qui est tout à fait centrale aujourd’hui, alors que tant d’hommes, de par le monde, ont tendance à être fascinés par la souffrance et par la mort. Ce que nous dit la Passion et ce que nous avons à relayer comme chrétiens, c’est que, non seulement, Dieu n’exalte pas la souffrance mais Il veut nous en délivrer, cela, en nous délivrant du mal et du péché. C’est ce qu’Il fait effectivement à travers la mort et la résurrection de Jésus, si nous consentons à tendre l’oreille, à lever les yeux vers la Croix, si nous consentons à accepter le Salut qui nous est désigné. Alors, bien sûr, la nouvelle est exorbitante ! On peut décider de n’en rien faire, on peut décider de ne pas y croire, mais je penserais bien qu’au fond du cœur de beaucoup d’êtres humains, hommes et femmes, il y a quelque chose, même si ce quelque chose ne trouve pas ses mots, qui est de l’ordre de l’attente, de l’attente d’une délivrance. C’est peut-être à ce point secret du cœur de chacun que l’annonce de l’Evangile s’adresse, et c’est ce point secret que le message de la Résurrection doit pouvoir rejoindre.