Lorsque l’on quitte la bande littorale de notre département et que l’on va à l’intérieur des terres, les vignes sont encore nombreuses. La période hivernale s’achève et avec elle la taille des vignes. Le spectacle est celui de souches comme mortes : les feuilles sont tombées et les sarments ont été coupés. Il ne reste plus que la souche, dépouillée de tout, des raisins, des feuillages, de toute vie… La taille est passée par là !
La taille est tout un art. Elle ne se fait pas en fonction du présent, mais de l’avenir. Le vigneron prépare la récolte de l’an qui vient, en repérant, parfois à contrecœur, ce qu’il faut garder et ce qu’il faut émonder. Si vous laissez pousser trop de sarments ou des sarments trop longs, la sève les alimentera au détriment des grappes de raisins. Et si vous en coupez trop ou trop court, il n’y aura presque plus de raisins !
Dans la Bible, la vigne et le vin occupent une place de choix, souvent sous la forme de parabole, pour faciliter la compréhension du fidèle. Et Jésus, dans l’évangile de St Jean, a pris la comparaison de la vigne, sous ses multiples aspects, pour expliquer à ses disciples le mystère de la foi. Oui, devant le foisonnement et la multiplicité des tiges, le vigneron est un artisan, voire un artiste qui va confectionner le développement de la vigne et l’orienter pour qu’elle donne les meilleurs fruits possibles.
Dans nos vies aussi, il faut accepter de voir disparaître des possibilités que l’âge et la maladie nous suppriment. Mais apparaît alors l’essentiel d’une manière plus lumineuse : l’amour de Dieu et des autres que nous recevons et la réponse d’amour que nous pouvons encore donner en retour.
Tout se réduit ou plutôt se concentre là et la vieille vigne, au printemps prochain, apparaîtra plus belle encore dans sa simplicité.

          Claude Azéma Evêque auxiliaire émérite de Montpellier

Lettre pastorale de Mgr Pierre-Marie Carré 

Archevèque de Montpellier      Février 2021

Chers frères et sœurs dans le Christ, prêtres, diacres, consacré(e)s, laïcs,

Je vous écris cette lettre concernant l’avenir des paroisses du diocèse, afin qu’ensemble vous réfléchissiez aux questions qui se posent à nous. Je remercie d’avance tous ceux qui, avec vous, porteront cette réflexion.
Lors du rassemblement diocésain au Zénith en juin 2017, une orientation diocésaine a été présentée au diocèse. Elle se décline en quatre axes et invite les paroisses, services et mouvements à les mettre en œuvre, en tenant compte des possibilités locales. Des projets pastoraux ont vu le jour dans nombre de paroisses. Cette orientation avait 2022 comme horizon. Il est bon de mesurer ce qu’elle a déjà permis et de proposer des éléments pour la dernière étape de ce parcours.
Nous devenons particulièrement sensibles à la rapide diminution des prêtres et des agents pastoraux. Des perspectives statistiques à court terme font ressortir qu’il y aura, dans 5 ans, une cinquantaine de prêtres diocésains de moins de 75 ans dans le diocèse de Montpellier.
La crise liée au coronavirus ainsi que d'autres réalités inquiétantes nous obligent à regarder d’une manière nouvelle l’organisation de notre diocèse et à chercher à imaginer ce que deviendra notre Eglise, car il devient évident, comme l’écrit le Pape François, que l’on ne pourra plus continuer
comme on l'a toujours fait » ; il nous invite par ces mots à changer nos habitudes actuelles.

Cette lettre s’appuie sur ce qui a été proposé au diocèse, en particulier le premier axe, « Favoriser la rencontre avec le Christ », et le quatrième : « Vivre l’Eglise comme une communion de disciples. » Une telle focalisation ne signifie pas l’oubli des deux autres dimensions de l’Orientation diocésaine :
« Annoncer l'Evangile aux jeunes et avec eux » et « Rejoindre toutes les périphéries ».
Cette lettre comporte des questions.
Je vous invite à y répondre, d’abord personnellement, puis avec d’autres, en particulier dans le cadre paroissial. Il est nécessaire que beaucoup réfléchissent à ces questions. Les paroisses rassembleront les contributions pour Pâques et veilleront à un échange en secteur. Il serait important que les contributions soient rassemblées par un prêtre et un(e) laïc ; elles devront ensuite être transmises avant la Pentecôte à Marie-Thérèse Biseau : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Une équipe autour de Mgr Guellec se saisira de ce travail, en vue d’une assemblée diocésaine qui se tiendra en octobre prochain.
Ainsi, la contribution de chacun permettra de chercher ensemble comment préparer les transformations auxquelles notre diocèse est appelé.

  Soyez assurés de mes sentiments bien dévoués dans le Christ.
  Bonne route de Carême vers le renouveau pascal !


Montpellier, le 12 février 2021

+ Pierre-Marie Carré,
Archevêque de Montpellier


Malheur à moi si je n'annoncais pas l'Evangile

« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile », s’exclamait saint Paul (1 Cor. 9, 16). Cette parole de l'apôtre Paul m'habite.
Nous nous plaçons dans cette perspective en sachant bien quenotre vie c’est le Christ Jésus, et nous désirons que beaucoup puissent le rencontrer, le connaître et l’aimer.

Tout le reste, qu’il s’agisse de notre emploi du temps, des manières de nous organiser en Eglise ou même de la manière de percevoir notre Eglise, s’inscrit dans cette perspective de fond. Voilà pourquoi il importe de « revenir à la source et de retrouver la fraîcheur originale de l’Evangile » (Joie de l’Evangile n°11). Chacun de nous s’y emploie, certes, mais ne nous faut-il pas devenir capables de rendre davantage témoignage les uns devant les autres du Christ qui nous fait vivre ?


Quels sont les moments où nous avons pu échanger à partir de l’Evangile :

- entre prêtres ?
- entre diacres ?
- entre laïcs?
- entre prêtres, diacres et laïcs?
- Si cela n’a pu se faire, pourquoi ?
- Qu’est-ce qu’a suscité dans notre paroisse le premier axe de l’Orientation diocésaine, "Favoriser la rencontre avec le Christ" ?
- Comment continuer à le mettre en œuvre plus concrètement ?

Un choix missionnaire capable de transformer toute chose 

La manière de rejoindre nos contemporains pour leur présenter l’Evangile du salut et transmettre la foi ;
Le petit nombre des ouvriers à la moisson (cf. Luc 10, 1-3) et en particulier celui des prêtres ;
L'exclusion des plus pauvres ;
L’annonce de l’Evangile aux jeunes;
Des préoccupations d’ordre économique et immobilières.
Je fais mien ce que le Pape François écrit encore, dans "La Joie de l’Evangile" : « J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale deviennent un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel » (n°27).

Je rends grâce pour la fidélité des communautés chrétiennes et je veux les encourager en ces temps plus difficiles. Notre diocèse est appelé à relever de nombreux défis afin de pouvoir poursuivre l’annonce de l’Evangile. Je relève surtout :

- La manière de rejoindre nos contemporains pour leur présenter l’Evangile du salut et transmettre la foi ;
- Le petit nombre des ouvriers à la moisson (cf. Luc 10, 1-3) et en particulier celui des prêtres ;
- L'exclusion des plus pauvres ;
- L’annonce de l’Evangile aux jeunes;
- Des préoccupations d’ordre économique et immobilières.


On pourrait continuer cette liste.
Nous percevons qu’il n’est plus possible de poursuivre les choses comme nous les vivons actuellement.


- Qu’est-ce qui rend plus difficile l’annonce de l’Evangile là où je suis ?


- Quelle est l’aide que j’espère et celle que je puis offrir ?


- Pour répondre aux défis énumérés ci-dessus et pour vivre une conversion pastorale, à quelles transformations sommes-nous appelés localement ou dans notre diocèse ?

 

Que sera notre église diocésaine dans dix ans ?

Au-delà des changements qui s’opèreront, une chose me paraît certaine : elle vivra ! Elle poursuivra sa mission confiée par le Christ. Il nous faut nous appuyer sur cette certitude basée sur notre confiance dans l’œuvre de l’Esprit Saint.

Ceci étant dit, à quoi sommes-nous appelés pour constituer une Eglise qui soit composée de disciples missionnaires (cf. axe 4 de l’Orientation diocésaine) ? Revenons à l'appel de Jésus qui établit les Douze "pour être avec lui et pour les envoyer"
(Marc 3, 14).

Il convient de faire place à notre imagination ou à notre créativité.

-Comment voyons-nous notre paroisse, service, mouvement dans l'Eglise diocésaine à l’échelle de 10 ans?


-Qu’est-ce que je suis disposé à changer en ce qui me concerne ?


-Autour de moi, puis-je appeler de nouveaux ouvriers pour la moisson ?


-Comment puis-je concrètement aider les prêtres dans l’exercice de leur charge pastorale et ainsi leur permettre d’avoir un rôle plus missionnaire ?

 

Chers paroissiens, je vous invite à répondre par courrier ou sur une feuille à me remettre aux messes. Avec mes remerciements          Père Didier Gounelle