Voici que je me tiens à la porte et que je frappe. C'est vrai ! Je me tiens à la porte de ton coeur, jour et nuit. Même quand tu ne m'écoutes pas, même quand tu doutes que ce peut être Moi, c'est Moi qui suis là. J'attends le moindre petit signe de réponse de ta part, le plus léger murmure d'invitation qui me permettra d'entrer chez toi. Je veux que tu saches que chaque fois que tu m'inviteras, je vais réellement venir. Je serai toujours là, sans faute. Silencieux et invisible, je viens, mais avec l'infini pouvoir de mon amour. Je viens avec ma miséricorde, avec mon désir de te pardonner, de te guèrir, avec tout l'amour que j'ai pour toi.
Oui, je connais tous tes péchés, mais je te le redis une fois encore : je t'aime non pas pour ce tu as fait, non pas pour ce que tu n'as pas fait. Je t'aime pour toi-même, pour la beauté et la dignité que mon Père t'a données en te créant à son image et à sa ressemblance. C'est une dignité que tu as peut-être souvent oubliée,une beauté que tu as souvent ternie par le péché, mais JE T'AIME TEL QUE TU ES. Mère Thérésa

Pèlerinage à Valcroze

Comme chaque année, le traditionnel pèlerinage de l'Ascension à la chapelle de Valcroze a permis au Père Didier Gounelle de célébrer la messe avec une assemblée d'environ soixante personnes (une trentaine d'adultes et autant d'enfants). Après une bonne heure de marche, tous se sont retrouvés devant ce lieu symbolique de notre région (photos ci-dessous).
Comment, certains ne la connaissent pas ? Écoutez au moins son histoire et demandez à une connaissance de vous faire découvrir ce lieu perdu au milieu des garrigues, vous ne regretterez pas la promenade. Ce que nous appelons aujourd’hui une chapelle est en fait un ancien prieuré indépendant de l’abbaye d’Aniane. Au début du XII e siècle, Bernard Raymond donne à Pierre Raymond les terres qu’il possède, en alleu (domaine héréditaire libre de toute redevance), en un lieu nommé « vallis croza » afin que lui et quelques ermites y construisent une église et des bâtiments pour y vivre.
Il va sans dire que la puissante abbaye d’Aniane voit cette installation d’un très mauvais œil et en revendique la seigneurie, ce à quoi les ermites font valoir qu’il s’agit d’un alleu de Bernard Raymond, donc terre noble, qu’il a donné à Pierre Raymond. L’abbé en appelle à l’évêque de Maguelonne mais les Guilhems de Montpellier protègent les ermites. 
En 1138, après un arbitrage, l’abbé d’Aniane reconnaît aux ermites le droit de prier Dieu à leur façon à la condition qu’ils promettent obéissance à l’évêque de Maguelonne. En outre ils s’engagent à ce que leur nombre n’excède jamais sept ermites ou chanoines. Tout nouvel ermite sera agréé par l’évêque. Ils ne posséderont aucune terre en dehors du vallon et leur cheptel ne dépassera pas 100 chèvres ou moutons ; ils n’auront pas plus d’un âne ou mulet. Enfin ils n’accorderont de sépultures qu’à eux-mêmes.
Après avoir accepté l’arbitrage, le prieuré en appelle au pape. Quelques années plus tard, c’est l’abbaye qui se plaint au Saint-Père car l’accord de 1138 est enfreint : alors que les ermites s’étaient engagés à ne détenir que 100 chèvres ou moutons, leur troupeau compte maintenant 100 chèvres et 100 moutons.
Le pape Eugène III demande à l’évêque de Narbonne de rappeler les ermites à l’ordre mais il meurt peu après. Ils vont revoir le nouveau pape et dans le même temps l’abbaye dépêche les prieurs de Goudargues et d’Aspiran auprès du Saint Père. Ce dernier confirme l’arbitrage de 1138. Quatorze mois plus tard le pape meurt et est remplacé par Adrien IV. Encore une fois, Valcroze va intercéder mais le nouveau pape est inflexible, il est même menaçant vis-à-vis des ermites. En 1154, Bernard et Arnaud offrent à Guillaume de Nant, l’un des chanoines de Valcroze, autant de terre que permettent de cultiver trois paires de bœufs à Fontcaude dans le diocèse de Saint Pons.
Ce don est confirmé par l’évêque de Narbonne le 5 juin 1164 mais les donateurs se rétractent au profit des prémontrés. Les ermites se tournent de nouveau vers le Saint-Siège mais Alexandre III rend en 1179 une sentence favorable aux prémontrés au détriment de Valcroze.
La dynastie des Guilhems s’étant éteinte, les ermites perdent leur appui. Leur situation se dégrade alors de plus en plus. Valcroze est incorporée au chapitre cathédral le 10 juin 1239 et en 1285 elle fait partie de la mense claustrale de l’abbaye d’Aniane. Vendue à la Révolution, elle appartient, aujourd’hui, à une famille de La Boissière.  Au XVI e siècle, Valcroze est utilisée par l’abbaye comme un mas affermé régulièrement. Au début du XVII e siècle, le vallon de Valcroze est en bois taillis, patus et terres labourables. Le fermier est tenu de couper les arbres pour agrandir les surfaces arables. Puis l’abbaye change d’idée car en 1639 le nouveau fermier doit y semer des glands. La végétation au début du XVII e siècle est représentative de la garrigue : buis, lentisques, aladers, arbousiers, romarins, pradiers et tamaris, ces derniers étant encore présents pendant la grande guerre. La chapelle fut restaurée par les pénitents blancs d’Aniane en 1819 et le dernier propriétaire l’a également restaurée dans les années 1960. 

• J.-F. Lalanne (extrait de Sources Vives. Vivre à Aniane N°4)

Valcroze 3

Valcroze 2