Jésus appelle Matthieu le percepteur, qui collaborait avec l'occupant ; Jésus s'attable avec les publicains et les pécheurs. Son appel efface toutes les barrières, surtout celles du jugement des hommes. Son sacrifice à lui, celui que nous célébrons à chaque messe, a été la preuve suprême de son amour, pour Dieu et pour les hommes ; son sang a été versé pour la multitude.  Ce qu'il veut nous donner, en venant à nous, c'est un cœur universel ; non pas un cœur qui rêve à l'universel, mais un cœur prêt, chaque jour, à toutes les indulgences, à toutes les patiences, à tous les pardons. 
 
 "C'est l'amour que je veux, et non les holocaustes".       Fr Jean (ocd)

Il ne suffit pas de dire… il faut faire (Mathieu 7,21)

Jésus dit Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur. Il n'interdit pas la prière, c'est bien elle qui d'abord met le contact avec lui. Quelle maman interdirait à son petit enfant de dire et de redire Maman ? Appeler Jésus « Seigneur », c'est un bel acte de foi qui reconnaît sa divinité et qui exprime à la fois dépendance et confiance. Mais Jésus dit que cela ne suffit pas. Il faut aussi faire la volonté de son Père, comme l'enfant fait ce qui plaît à sa maman.
Je comprends cette parole de Jésus, mais je le vis plus ou moins bien malgré mon désir et mes efforts. M'adresser à lui avec une foi vibrante et pleine d'espérance, désirer l'intimité avec lui, est bien le cœur de la vie chrétienne. Pourtant, on peut se faire illusion. Ce qui importe, ce n'est pas de dire, mais de faire, de vivre ce que je dis et de le dire pour le vivre plus profondément.
L'écoute de la Parole de Dieu doit me conduire à entrer dans le projet de Dieu et à le vivre dans le moment présent où il me donne toujours rendez-vous. Sa volonté suppose l'un et l'autre. Il sait que sans lui je ne peux rien faire, donc il compte que je lui dise la confiance que je mets en son aide.
Mais souvent l'esprit ou le cœur ne s'accordent pas avec ce que je dis ou fais. Je devrais être vraiment présente dans la prière, mais souvent mon esprit est étranger à ce qu'expriment mes lèvres, mon imagination vagabonde. Je pense à tout autre chose, à des riens peut-être, à des préoccupations de travail, ou je suis emportée par des remous d'égoïsme ou de sensibilité. J'essaie, avant la prière, d'orienter mon esprit vers le Seigneur, mais aussitôt après il est ailleurs. J'en suis découragée, quand je vois mon instabilité.
Je ne dois pas me contenter de prier, mais d'agir en tout temps en conformité avec la volonté de Dieu, sur la terre comme au ciel. Donc faire de ce temps qui passe un temps d'éternité. Le triomphe, la vérité de l'amour, c'est l'amour obéissant.
Regard et sourire qui colorent en ce moment ma vie avec Jésus, peuvent être un test de vérité. Le regard de Jésus me dit son amour et aussi ce qu'il désire de moi. Son sourire me précise Veux-tu ? Mon regard vers lui me met en sa présence et face à sa volonté. Mon sourire est le oui de l'accueil avec le désir de lui faire plaisir, d'être sa joie.
Seigneur, tu ne refuses pas ma prière. Elle fait partie de mon service de consacrée. Donne-moi ton Esprit pour qu'elle soit vraie et absorbe tout mon être. Mais tu attends aussi le oui de ma vie à ton dessein d'amour sur moi. Tu sais ma pauvreté. Aide-moi à dire et à faire ce qui te plaît. Fais-moi un cœur généreux à te servir. Qu'à tout instant tu me trouves vigilante dans la prière et joyeuse de chant er ta louange par une vie toute donnée à ta gloire.