Conférence sur la Résurrection, avec Marie-Hélène Durand
Conférence de Carême à la paroisse avec Marie-Hélène Durand
mardi 21 mars 2026
Est-ce naïf de croire en la Résurrection ?
En introduction Marie Hélène se présente comme laïque en mission diocésaine. « je suis une scientifique, c'est important de le préciser pour ce sujet. »
Dans le dictionnaire, un naïf est celui qui est plein de confiance et de simplicité par ignorance, par inexpérience, crédule.
I- Est ce naïf de croire en la Résurrection ?
1)- La résurrection de Jésus est au cœur de la Foi chrétienne (1ère lettre de St Paul aux Corinthiens 15, 12-20)
« Si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est sans valeur. » La Résurrection n'est pas facultative.
- Pâques est la plus grande fête de l’Église.
- Ce mystère est célébré chaque dimanche
- C'est le fondement de la vie nouvelle dans le Baptême (baptêmes des adultes )
Dans l’Évangile de Jean (11.25), Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra.... »
- Proclamation chaque dimanche dans le Credo
2)- Indissociable de ce que les contemporains de Jésus croyaient.
- La Bible ne connaît pas la séparation de l'âme et du corps .
A l'époque de Jésus tout le monde ne croît pas en la Résurrection (Sadducéens.) mais croît à une vie après la mort, dans une dimension collective de la Résurrection, pas individuelle.
Comment ont-ils fait pour croire en la Résurrection ?
Par les récits des apparitions : 2 chez Matthieu – 2 chez Luc – 3 chez Jean et rien chez Marc.
Signes différents selon les récits ( ce ne sont pas des reportages). Mais quatre convergences essentielles entre ces récits :
- manifestation à l'initiative de Jésus ou de Dieu
- reconnaissance du disciple
- appel à la Foi
- suivi de l'envoi en mission
1) Première évidence : le tombeau vide mais ce n'est pas une preuve.
Importance du rôle de la résurrection de la chair, du corps. Le ressuscité c'est le crucifié.
2) pas de récit de comment ça c'est passé.
3) les témoins sont des femmes qui sont envoyées aux disciples ce qui n'est pas un bon atout publicitaire ;c'est un
signe de plus de la réalité vraie. Si c'était une supercherie des disciples, ils ne se seraient pas appuyés sur la parole, l'action des femmes (pas de valeur, de crédit dans l'époque de Jésus).
4) Il est vivant d'une autre façon :
en Luc 24 : il faut le reconnaître ( les disciples d'Emmaüs)
en Jean 20 : il peut se dérober
mais bien une « résurrection du corps » :
- se fait reconnaître par les sens corporels à ses disciples – regarder mes plaies– toucher moi – manger
- pas attendue : retour des femmes au tombeau avec les aromates de l'ensevelissement. Les disciples reprennent leur travail et abandonnent...
5) source de question, de peur, (ce n'est pas simple)
à la sortie du tombeau
les femmes ne sont pas crues « les disciples étaient incrédules » (Luc 24,11)
6) La Résurrection n'est pas un miracle ni une revanche : elle se fait discrète et réservée à ses disciples.
Jésus se laisse reconnaître dans ce qu'il y a de plus profond :
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- sa parole : il appelle « Marie » (Jean 20, 16)
- le geste : disciples d'Emmaüs (Luc 24, 30)
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7) Cela n'annule pas la Croix mais en révèle la Vie
La Résurrection vient authentifier tous les actes, les paroles de Jésus, puis les disciples sont envoyés en mission =
une Théophanie (du grec Théo=Dieu et phaïnesthaï = se montrer.), c'est à dire une manifestation de Dieu. Manifestation qui est semblable pour nous aujourd'hui, se poursuit à l'identique, se donne dans un même mouvement : le reconnaître dans sa parole ( l’Évangile), dans ses gestes ( l'Eucharistie).
II – Est-ce historique ?
Pas sa Résurrection, il n'y a pas de preuves. C'est le témoignage de foi de personnes. Mais est-ce raisonnable ?
Traces visibles et historiques de cet amour qui a changé des vies, es façons de vivre (voir les Actes des Apôtres)
On peut retrouver les traces historiques de cette Résurrection :
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- dans la vie des disciples
- dans la vie et l'existence des communautés
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Après la mort de Jésus, 2 ensembles de données servent de témoignage :
- 1 groupe de disciples existe et adhère à son message : signe de reconnaissance et de continuité de la Foi
- la mort sur la croix attestée = la plus infamante possible, entraîne la disparition des groupes d'adhésion, est vécue comme un signe d'un désaveu de Dieu ET pourtant des groupes de croyants se reconstituent = signe de l'existence d'une transformation du ressenti, existence d' une force nouvelle. Il s'est passé quelque chose de fort, de radical qui a modifié leur façon de vivre.
Trois points sont attestés :
- croyance en la Résurrection de tous au dernier jour (est différent que l'exaltation des corps),c'est cette option qui devient dominante, qui est comprise et transmise.
- expérience de la Résurrection individuelle mais présentée comme une expérience unique pour chaque personne.
- convergence des textes : « unanimes »
Cet ensemble de traces, d'éléments ne sont pas déraisonnables !
La Résurrection révèle le salut de Dieu pour les hommes, elle authentifie Jésus, sa vie.
Cette annonce est essentielle pour l’Église, message répété du Pape François : « Jésus Christ t'aime ! il a donné sa vie pour te sauver et maintenant il est vivant à tes côtés, chaque jour, pour t'éclairer, te fortifier, te libérer. »
La Résurrection des morts
Si on n'y croit pas, celle de Jésus n'existe pas ( 1ère lettre de St Paul aux Corinthiens 15- 12)
La chair ne désigne pas le corps mais l'être tout entier.
Quelle forme prendra notre résurrection ? On ne sait rien de l'aspect physique. St Paul parle d'un corps spirituel, incorruptible.
- « Je crois en la vie éternelle » : la vie dans l'Esprit du Christ
- la vie éternelle est déjà là, au cœur de notre quotidien « être avec » dans l'intimité ; Jean 14:23 « nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. »
Donc d'une certaine façon, nous sommes déjà ressuscités avec le Christ (mais cette vie demeure cachée en Dieu / catéchisme de l’Église catholique)
Que penser de la réincarnation ?
Elle n'apparaît qu'au 19e siècle (version européenne). Elle est incompatible avec la Résurrection ce n'est pas la même vision (vie peut devenir meilleure ou moins bonne selon l'étape présente, plusieurs recommencements possibles).
La Résurrection est un don de Dieu
- chaque personne est unique et est appelée à renaître dans la totalité
- continuité entre l'aujourd’hui et l 'après.
Voir le livre « le lotus ou la croix » de Dennis GIRA : Notre Dieu est un Dieu relationnel.
Pour conclure : Jésus est toujours vivant et il est à l’œuvre dans nos vies . La dynamique est déjà avec lui. Il nous faut chercher les signes dans nos vies. La Résurrection c'est déjà aujourd'hui !
QUESTIONS :
1) La Résurrection est pour tous (Vatican II)
L'enfer c'est après. Mot récent du 13e siècle, il n'existe pas au singulier dans la Bible (les enfers ou la géhenne).
L'homme a la possibilité de refuser l'amour de Dieu c'est sa liberté .
L'enfer est un lieu, un espace qui existe et qui est choisi volontairement par l'homme.
- Est-il possible que l'homme refuse l'amour de Dieu ? oui
- si on ne le connaît pas
- si on est repoussé par l'image des chrétiens, d'où l'importance de notre figure, image de témoin, ce que l'on montre, qu'on raconte...
2) Qu'est ce que le purgatoire ?
Ce n'est pas un lieu de souffrance mais de compensation. Cela date du 12e siècle, il n'existe pas chez les protestants et c'est un point de divergence avec les orthodoxes.
C'est un processus de purification – l'homme inachevé en amour – en souffrance de ne pas avoir assez aimé.
C'est une métamorphose pas une punition , mais une possibilité d'achèvement de notre conversion à l'amour de Dieu.
Lire « la Résurrection et la vie » de Bernard Sesboüé.
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Conférence sur le CREDO, Père Alain Enjalbert
MARDI 17 MARS 2026
Conférence de Carême avec le père Alain Enjalbert sur LE CREDO
Introduction sur la langue : Nous parlons 2 langues, la langue scientifique et la langue poétique
- la langue scientifique : on énonce des faits – vrai ou faux – c'est contestable.
- La langue poétique : on parle par images, par émotion, c'est le ressenti, ce n'est pas démontrable.
Le CREDO, dans quelle langue est-il écrit ?
Essentiellement en langue poétique. C'est un énoncé de foi, une conviction. Si vous croyez en quelque chose c'est que vous ne savez pas .
Croire c'est faire confiance, douter...
Savoir c'est sûr.
Nous croyons qu'il y a 1 Dieu en 3 personnes, ce qui n'empêche pas la compréhension.
L'adhésion du cœur est différente de celle de la cervelle, ce qui entraîne des difficultés si on se trompe de langage. Il n'y a pas de question d'ordre scientifique avec le langage poétique car on ne sait pas répondre .
Le CREDO est une profession de foi, une confession de foi. C'est une proclamation personnelle publique, nous disons « Je » crois. On ne peut pas le dire tout seul, il faut du public. Ce n'est pas une prière.
Dans le Notre Père on dit « NOTRE ».
Le Credo est fait pour m'engager « je crois » mais avec des mots que j'ai reçu de l’Église (qui engage l’Église) et que j'accepte de proclamer.
Le Credo c'est le Foi de tous les chrétiens. ( ce n'est pas pareil de dire comment je comprends le credo dans ma vie, ne pas confondre, ne pas remplacer).
On récite le Credo dans 2 grandes circonstances :
- le Baptême : c'est l'acte d'entrée dans la famille des chrétiens.
- l'Eucharistie : le Credo est à une place stratégique entre 2 séquences, la Parole et la consécration du pain.
Il sert de charnière entre la Parole et la communion qui nous invite à la fraternité.
JE CROIS EN DIEU, LE PERE TOUT-PUISSANT
Moi, je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, c'est ma parole qui est engagée pas celle d'un autre.
Je crois EN signifie on se repose, on met notre confiance.
Dieu, quel DIEU ? :
Le Dieu de Jésus-Christ, des chrétiens ( à l'origine on les appelait des christiens en référence au Christ).
Ce Dieu de la Bible...c'est une personne.Jésus croyait en Dieu, le Dieu d'Abraham, des prophètes.
Dieu est quelqu'un qui s'est fait connaître, qui agit dans l'histoire.
Jésus le révèle il nous aide à comprendre qui est Dieu. Dieu est Amour (2ème lettre de Jean)
Si vous prêtez à Dieu des actions qui ne sont pas des actes d'amour : vous vous trompez de Dieu ! Ce n'est pas ce Dieu là.
Jésus a aussi incarné Dieu dans notre humanité. C'est lui qui donne un visage à Dieu.
Quand on regarde la vie de cet homme Jésus, ça commence dans une mangeoire à bestiaux et ça se termine sur une croix. Ce n'est pas une image de puissance.
Le Credo de Nicée ajoute je crois en 1 seul Dieu.
Est ce que je fais confiance en un seul Dieu pour construire ma vie ? Ou à plusieurs (dieux du stade, de l'argent...)
Est ce que j'y crois ?
S'il est Amour, il est don, sorti de lui-même, il se projette vers d'autres.
Il s'extravertie, c'est ce que l'on exprime dans les trois personnes.
Notre Dieu – après la mort de Jésus-christ - va se comprendre en trois visages, trois portes d'entrée :
-le Père
- le Fils
- le St Esprit
Père : un père c'est une protection, c'est celui qui donne la vie.
Vous ne devenez père que lorsque vous avez un enfant, c'est la paternité.
Un Dieu que je dis Père c'est automatiquement 2 personnes dans sa tête. Il porte un projet pour cet enfant, le faire grandir...
Pour comprendre « Dieu Père » , nous on regarde souvent en arrière, en partant de nous enfant.
Dans l’Évangile c'est le contraire, il part de l'image paternelle et non filiale.
L'Amour de Dieu ressemble à la paternité, à la maternité en tant que parents aimants et pas à l'amour filial.
Notre manière d'aimer est à l'image de Dieu .
PERE TOUT PUISSANT
Le mot « tout-puissant » vient de l’hébreu (sabaoth que l’on a dans le Sanctus) puis est passé au grec et au latin (= tout puissant). Dans le Sanctus on dit : de l'univers.
Dans le Credo « tout-puissant » est un vocabulaire géographique pour montrer l'ampleur de sa capacité à aimer, rien n'échappe à son amour. C'est le Père qui est tout-puissant en Amour, mais pas un Dieu tout-puissant. Tout-Puissant est toujours l'adjectif de Père et pas de Dieu ;
Son Amour n'a pas de frontière.
Je crois que Dieu aime comme une maman qui console son enfant qui s'est blessé. Elle le console, l'embrasse mais ne peut pas enlever la blessure.
Si Dieu est une image de « tout-puissant », qu'est ce que ce Dieu qui laisse des millions d'enfants et d'êtres humains mourir... c'est impensable, ce n'est pas le Dieu de Jésus-Christ.
Je ne crois pas en Dieu tout-puissant, il est impuissant, il ne peut pas faire tout et son contraire.
Ce qui ne veut pas dire qu'il ne nous aime pas, il est avec nous dans la souffrance, ou dans la joie.
La prière ne consiste pas de dire à Dieu ce qu'il faudrait qu'il fasse. Ma demande sollicite sa présence
dans mes joies, mes tristesses. C'est lui demander pardon et merci aussi.
* * *
D'un grand espoir, j'espérais le Seigneur (Psaume 39,2)
Bien des fois, dans les Psaumes, on retrouve cette expression, ou à peu près : « Tu es mon espérance », « Toute mon espérance est en toi ». C'est ce mot « espérance » qui a guidé toute ma semaine.
L'espérance, c'est, je crois, la tension vers quelqu'un ou quelque chose qu'on pressent meilleur ou plus beau. Car nous sommes des êtres toujours insatisfaits, comme dit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi. » En effet, l'objet de mon espérance c'est avant tout Dieu possédé et joui à jamais. Rien sur la terre ne peut combler ce besoin qui me hante. C'est donc vers ce Dieu qui m'attire et que tout en moi désire que doit s'orienter toute ma vie.
Mais cette espérance est souvent difficile et mise à l'épreuve, toujours craintive et fragile. Pourtant, si c'est Dieu mon espérance, sachant que je puis m'appuyer sur son amour, j'ai aussi la conviction, l'assurance pour marcher vers lui. Ce Dieu qui me fascine est difficile à atteindre, mais je suis sûre que ma recherche s'appuie sur ses promesses. Il met à ma disposition les moyens qui soutiennent mon désir et mon effort vers lui. Je sais que c'est lui qui a fait tout en moi, je dois compter sur lui.
L'espérance, c'est l'épanouissement de la foi, mais dans la nuit souvent très obscure. Ce n'est guère évident. On dit que l'heure de la détresse, de l'épreuve, de la souffrance est l'heure de l'espérance. Facile à dire, mais difficile à vivre. Les yeux fermés et le cœur fixé sur celui en qui j'ai foi, même si c'est dans la nuit, je dois m'abandonner. Je sais que je peux crier vers lui, comme un miséreux vers l'amour miséricordieux. C'est l'heure de l'amour indigent et confiant de l'enfant qui bénit, en suppliant, les richesses de la bonté de son Père du ciel.
Il faut que la prière et la patience soient là pour alimenter mon espérance. Je le pressens et j'y adhère de tout mon cœur, mais ce que je vis est bien pauvre. Voilà sans doute un fardeau dont je dois me décharger sur Jésus. Mon espérance, c'est lui, c'est lui qui la vivra en moi.
Seigneur, pardonne-moi toutes mes craintes et mes doutes. Affermis mon cœur dans une confiance toute filiale. Fais que je croie que toute épreuve et toute souffrance font grandir et purifient le regard. Marie, viens à mon secours, toi qu'on n'invoque jamais en vain.
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