Il ne faut pas se satisfaire de donner de l'argent ; l'argent n'est pas assez, car on peut en trouver. C'est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c'est de nos cœurs qu'ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l'amour, la contagion de l'amour.
Ceux qui peuvent s'offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l'avoir gagnée par leur travail ; je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. La difficulté, c'est que bien souvent les riches, ou même les gens aisés, ne savent pas vraiment ce que sont les pauvres ; c'est pourquoi nous pouvons leur pardonner, car la connaissance ne peut que conduire à l'amour, et l'amour au service. C'est parce qu'ils ne les connaissent pas qu'ils ne sont pas émus par eux.
J'essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l'argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais je le soigne volontiers pour l'amour de Dieu. 

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), 

Il était une fois un vieux berger qui aimait la nuit, son silence, son ciel parsemé d’étoiles.
Ces étoiles, il les connaissait par leur nom.
En les regardant, il disait souvent à son petit fils : Il va venir.
Quand viendra-t-il ? demandait l’enfant. Bientôt répondit-il.
Les autres bergers riaient.
Bientôt !... Tu répètes cela depuis des années ! » Mais le vieux berger ne les écoutait pas.
Une seule chose l’inquiétait, le doute qu’il voyait poindre dans les yeux de son petit-fils.
Et quand lui ne serait plus là, qui donc redirait aux plus jeunes
ce que les prophètes avaient annoncé depuis toujours ? Ah ! S’il pouvait venir bientôt ! Son cœur était tout rempli de cette attente.
Portera-t-il une couronne en or ? demanda soudain le petit-fils ? Oui ! Répondit-il.
Et une épée d’argent ? Oui bien sûr ! Et un manteau de pourpre ? Oui, oui !
Et le petit-fils semblait heureux.
Assis sur un rocher, le garçon jouait de la flûte. Le vieux berger écoutait attentivement la mélodie simple et pure : l’enfant s’exerçait jour après jour, matin et soir pour être prêt quand le roi viendrait.
Serais-tu prêt à jouer pour un roi sans couronne,
sans épée et sans manteau de pourpre ? » demanda un jour le berger.
Ah non ! répondit son petit-fils. Un roi sans couronne, sans épée et sans manteau, est-ce un roi ?
Comment pourrait-il me récompenser pour mon chant ? C’est de l’or et de l’argent que je veux !
Il voulait que les autres ouvrent de grands yeux et le regardent avec envie.
Le vieux berger était triste. Pourquoi donc promettait-il à son petit-fils ce que lui-même ne croyait pas. Sur les nuages, venant du ciel ? Comme un enfant ? Pauvre ou riche ? Sans couronne, sans épée, sans ma
nteau de pourpre ? Et pourtant plus puissant que tous les autres rois !
Comment ferait-il comprendre cela à son petit-fils…
Cette nuit-là apparurent alors les signes qu’il attendait. Le ciel était plus lumineux que d’habitude et au-dessus de Bethléem brillait une belle étoile. Des anges vêtus de lumière proclamaient une joyeuse nouvelle :

N’ayez pas peur ! Aujourd’hui vous est né un Sauveur !

conte

Le jeune berger se mit à courir au-devant de la lumière. Sous son manteau, tout contre sa poitrine, il sentait sa flûte. Il arriva le premier et regarda l’enfant nouveau-né. Celui-ci, enveloppé de langes reposait dans une mangeoire. Un homme et une femme le contemplaient, tout heureux. Le grand-père et les autres bergers arrivèrent bientôt et tombèrent à genoux devant l’enfant.
Était-ce là le roi qu’on lui avait promis ? Non ! Ce n’était pas possible, ils se trompaient. Jamais il ne jouerait son chant ici ! Et très déçu, il repartit et plongea dans la nuit. Il ne vit
même pas la lumière qui grandissait autour de la grotte.
Soudain, il tendit l’oreille et entendit l’enfant pleurer dans la nuit.
Mais il ne voulait rien entendre, il se bouchait les oreilles et pressait le pas pour s’éloigner. Pourtant les pleurs le poursuivaient et lui perçaient le cœur.
N’y tenant plus. Il rebroussa chemin, il vit alors Marie, Joseph et les bergers qui s’efforçaient de consoler l’enfant. Il ne pouvait plus résister !
Tout doucement. Il tira sa flûte de sous son manteau et se mit à jouer pour l’enfant. Et tandis que la mélodie s’élevait, toute pure, l’enfant se calma
et le dernier sanglot s’arrêta dans sa gorge. Il regarda le jeune berger et se mit à sourire.
Et celui-ci comprit dans son cœur que ce sourire valait tout l’or et tout l’argent du monde.

Que la Paix, l’Amour et la Joie de Noël rayonnent dans vos familles et dans vos cœurs